vendredi 17 octobre 2014

Photographie: timeless

Photographie retouchée de Robert Jahns sur Iphone 5S, 2014. 

"Et le plus timide des bourgeons est la preuve qu'il n'y a pas de mort réelle..."

William Blake

lundi 13 octobre 2014

Lecture de l'intime



Pendant tout cela, la chambre, la chambre passive et sans attraits, 
Dut être submergée par les montées et les descentes de l'incessant courant humain, 
Et, couchée là, tapie entre tes bras quand refluaient les vagues du ravissement, 
Et qu'au degré le plus bas de l'être, nous entendions le faible battement de l'âme, 
J'étais heureuse de penser à ces autres, anonymes, nombreux, 
Qui peut-être s'étaient couchés ainsi, s'étaient aimés une heure sur le rebord du monde. 


Edith Wharton, Terminus (extrait)

samedi 11 octobre 2014

Portrait: Marilyn


Norma Jean, photographiée par Richard Miller en 1946. 

"I just want to be wonderful"

Merci à Sniff and Puff pour la découverte de ce cliché. 

jeudi 14 août 2014

Chant: Lady Day



Dans The Heart of A Woman, l'écrivaine Maya Angelou décrit sa rencontre avec Billie Holiday en 1957 comme une grande déception: elle était grossière, alcoolique et donnait des leçons à tout le monde. 
Mais elle était aussi cette voix un peu éraillée, douce, la voix blessée de tout un peuple, servie d'un merveilleux talent. 
Maya Angelou écrit ses mémoires en toute honnêteté et on aurait pu aisément passer une soirée passionnante avec elle, à l'entendre raconter sa vie incroyable. 
Mais Billie... il faut simplement l'écouter encore et encore en se répétant que le talent n'a pas besoin d'équilibre et ne s'embarrasse pas de l'intelligence du cœur. Elle est elle et c'est bien suffisant.

Lecture: Histoire d'O

Illustration de Leonor Fini, peintre surréaliste (1907-1996)


Cette histoire, lettre d'amour violente à un homme inconnu, appartient à une autre dimension, au delà du monde des fantasmes. O dit "oui" à tous ses maîtres et tortionnaires, ouvre son corps entier à la douleur et à l'asservissement. Dans toute cette noirceur sans limites, l'amour se trouve pourtant à chaque page et ses amants disent à O qu'ils l'aiment et n'en l'aimeront que plus si elle se laisse réduire complètement à l'état d'esclave. 
Florence Montreynaud, avec raison comme toujours, affirme que malgré les apparences, c'est bien cette femme qui se sert des hommes pour assouvir ses pulsions de mort: à la fin, O, abandonnée par son maître, se décide enfin à mourir. 
Ce classique de la littérature érotique n'a pas vieilli et ferait rougir de honte des auteures aussi médiocres que E. L. James. Et ce n'est pas tant ses scènes érotiques que sa véritable signification dans le cœur de chaque femme qui fascine toujours autant aujourd'hui. 
Les illustrations de l'Argentine L. Fini (édition de 1975) correspondent bien à l'univers un brin surréaliste du livre. 

samedi 2 août 2014

Chant: Dmitri et Naples



Depuis des années, la voix profonde de Dmitri Hvorostovsky, sa beauté lointaine m'emportent et mes yeux pleurent. Cette fois-ci, je découvre un air napolitain qui ne me quitte pas depuis quelques jours. 

Composé en 1930 par le napolitain, Rodolfo Falvo, il s'intitule "Dicitencello vuje" ou "dites le lui, vous": 
Un homme déclare son amour à une femme de façon indirecte, en s'adressant à l'une de ses amies. Il lui demande de confier son secret à cette autre jeune fille («Dicitencello a sta cumpagna vosta », dites-le lui vous, à votre amie), du fait qu'il a perdu le sommeil, qu'il ne peut vivre en paix, tant il est tourmenté par cette passion. Ce n'est qu'au dernier couplet de la chanson que le protagoniste, voyant une larme couler sur la joue de son interlocutrice, avoue qu'en réalité, il l'aime elle, et adresse son amour pour la première fois à la seconde personne du singulier (« levammece sta maschera, dicimme 'a verità », Levons ce masque, disons la vérité ; « Te voglio bene... te voglio bene assaje ! », Je t'aime, je t'aime tant !).


Quelques crooners ont repris la mélodie dans les années 1950. Et parce que dans un autre genre, sa voix me fait autant d'effet, voici la version de Dino: 

dimanche 8 juin 2014

Illustration: adorable pin-up by Buell


Qu'elles sont gaies et inspirent l'été, les créatures d'Al Buell! 
Ses excellents croquis apparaissent presque toujours derrière le personnage principal et confèrent à l'ensemble une plus grande réalité: une pin-up n'est jamais femme, tant elle est extraordinaire, mais avec cet artiste, elle le devient parce qu'on y voit le véritable modèle dans différentes poses. Ainsi, elle n'apparaît plus isolée, presque un peu idiote à sourire toute seule de ses longues jambes. On sent qu'elle vit sur la toile, qu'elle représente parfaitement la vraie féminité.  
Après Elvgren, le plus grand artiste du genre.