vendredi 21 mars 2014

Voyage: Saint Honorat




Des deux îles de Lérins, refuges intemporels au large de Cannes, j'ai toujours préféré St Honorat. Son château en ruines au bord de la mer (pourquoi a t-il été construit si près de l'eau?), ces moines mystérieux, si peu nombreux dont on n'aperçoit jamais un signe de vie derrière les murs du monastère m'intriguent et m'enchantent. 

Je quitte cette région trop fréquentée mais emporte avec moi un fragment de cette île isolée avec Sainte Marguerite, persuadée d'y revenir un jour pour obtenir la certitude que rien n'aura changé. 

Musique: La acquarela do Brasil

https://www.youtube.com/watch?v=V8goep7fVXk


Antonio Carlos Jobim, Brazil, Stone Flower, 1970. 

Tout en sobriété, cette version nous attire contre elle en une danse rythmée, une danse remplie d'images d'un monde éclatant, qui ne m'est pas connu. Comme j'aime à le dire! 

lundi 17 mars 2014

Portrait: Un Eclat de Neige



Le sais-tu, oui! pour moi, voici des ans, voici
Toujours que ton sourire éblouissant prolonge
La même rose avec son bel été qui plonge
Dans autrefois et puis dans le futur aussi. 

Mallarmé, sonnet (extrait).

dimanche 16 mars 2014

Publicité: Kusmi Tea



Avec ses visuels tournoyants et colorés, la campagne de Kusmi Tea du début de cette année compose une atmosphère qui invite au voyage, à la découverte de l''inconnu. Elle allie de manière tout à fait réussie la rencontre des mondes à une esthétique digne des mille et une nuits. 

samedi 31 mars 2012

Voyage: instant berlinois




  Wild Horses des Stones résonne à mes oreilles tandis que j’avance pas à pas dans les longues allées de Tiergarten. Le parc ne semble jamais finir. Troisième journée à Berlin. Les nuages s’amoncellent de manière inquiétante au dessus de ma tête. Mais, le sourire aux lèvres, il me semble marcher dans un rêve éveillé : comment ce merveilleux espace peut-il exister en plein centre-ville ? Les berlinois promènent leur chien, font du vélo, inconscients de leur chance.
Je sais que les nuages vont se décharger en un flot violent d’une minute à l’autre. Je pense - il est temps de se diriger vers une sortie. Le vert des arbres m’attire, leurs feuilles se détachent sur le gris presque noir du ciel en colère.
  Alors que Wild Horses s’achève, une pluie de glace, des grêlons en forme de polystyrène  s’écrasent sur les parterres, les pelouses et l’hiver revient en force. Je  ne puis faire autrement que sourire devant ce qu’a prévu la nature. Je n’ai jamais vu pareil spectacle. Des rafales de boulettes blanches balaient la ville, le parc, les immeubles, les habitants désemparés comme dans un Walt Disney.  Abritée sous mon parapluie, je me sens en sécurité, heureuse, consciente que le vent me souffle nombre de promesses pour les mois à venir…

mercredi 5 octobre 2011

Portrait: Norma Jean



Elle est encore ici une jeune fille classique dotée d'un visage rayonnant. Et pourtant, dans l'encadrement de sa crinière fauve, on croit distinguer la future Marilyn, les mèches blondes devenues célèbres dans le monde entier ; et puis cette expression capturée sur le vif, qui nous rappelle combien elle était vivante, imparfaite (comme on aime à se le dire!), encore loin de ces photos qui ornent aujourd'hui les murs d'hôtels sans qu'on leur accorde plus d'intérêt...

dimanche 25 septembre 2011

carnet de voyage: Fontainebleau




  Nous marchons lentement en humant la fraîcheur du matin ; le jardin du château appelé « à la française » se déroule à nos pieds dans la lumière blanche de ce début de journée. Il ne fait pas encore chaud. Le murmure de la fontaine, notre isolement - personne autour de nous  - me fait ressentir le plein éclat de ma jeunesse, sa primeur transportée dans l’air frais se déposant sur mes lèvres. Ces premières heures du jour paraissent réfléchir mes jeunes années et leur immortalité : fixées à jamais dans ma mémoire de mortelle, elles m’enivrent et je n’oublierai pas cet instant.
 Nous évoquons, assis sur un banc, la question de l’illustration se positionnant comme art… L’est-ce ? Au loin, se découpe l’étang, devant le château et je regrette de ne pouvoir me laisser flotter dans une barque en observant les cygnes… Mais c’est dimanche, le batelier ne travaille pas.

  Plus tard, nous visitons les grands appartements. M… peste contre les dorures qui jaillissent de chaque pan de mur et le velours de mauvais goût des fauteuils. Oui, ces pièces sont richement meublées, décorées (de belles peintures d’ailleurs, petits plafonds de Boucher et fresques du XVIe siècle) mais quel manque d’élégance, d’harmonie. Je me rappelle Versailles et plusieurs images défilent dans ma tête, le salon de Mars, la chambre de la Reine, d’un bleu délicat, de sublime raffiné. Ici, plusieurs époques se côtoient, le résultat n’est pas loin de l’ameublement de certaines préfectures de province. Je reconnais que le château m’a moins marquée que son jardin. Nous ressortons, un peu étourdis par tout ce luxe aux mille détails. 
 Notre regard ne se repose, en sortant, que sur les contours réguliers et simples du jardin à l’anglaise. Près de l’étang, je tente de faire un croquis de la rive opposée ; des Italiens agités veulent nourrir les cygnes. Le pavillon, sur l’eau, luit au milieu des canards et je me demande ce qu’il contient.
  Pour le déjeuner, nous nous rendons dans le centre ville déguster de la cuisine italienne : salades de chèvre chaud pour moi, calzone pour M…, café gourmand et coupe Amarena, nous ne sommes plus en France ! Nous quittons la table une heure plus tard, décidés à nous promener dans la fameuse forêt. Je ne pense pas que ce soit la vraie que nous ayons trouvée. A côté d’une route nationale, nous tentons de nous éloigner à travers le tapis de feuilles et de bois mort, pour oublier le bruit des voitures. En vain. Assis sur des rochers recouverts d’une mousse douillette, j’essaye un nouveau croquis. Le craquement des branches en ce mois d’automne me fait sursauter ! Je crois voir des sangliers partout ! Mais il est temps de partir, hélas et de retourner à Paris. Je jette un regard mélancolique au cadre environnant : le ciel exceptionnellement bleu apparaît dans l’eau des divers étangs où les gens se prélassent sur les berges. Nous revenons à l’hôtel, récupérons notre bagage et je songe à demain, la vie reprend son cours…